Baptêmes de places et rues

Catégorie : Découvrir la ville

drapeaux américain et françaisSamedi 22 Novembre 2014
A l'occasion es cérémonies liées au 70ème anniversaire de la Libération de Saint-Dié, le maire David Valence a procédé à quatre changements de noms de places et rues de la ville.

1) L'ex-rond point Victor Schoelcher est baptisé : Rond-point Henri-Karcher 
2)  L'ex-Centre social de Saint-Roch est baptisé :    Espace Germaine-Tillion
3) L'ex-rue du Camping est baptisée :   Rue du Colonel Andlauer 
4) L'ex-place Saint-Just est baptisée :  Place Roger-Souchal 

 

Biographies

Henri Karcher

Henri karcherIl est né le 26 octobre 1908 à Saint-Dié dans les Vosges. Son père, le capitaine Louis Karcher, a été tué au combat en août 1914. Après son baccalauréat, il s’inscrit à la faculté de Médecine puis, ayant obtenu son doctorat, devient chirurgien assistant d’un professeur de la faculté de Médecine de Paris. Bien que réformé définitif en 1938 pour une maladie contractée dans l’exercice de sa profession, il n’hésite pas à s’engager comme volontaire en janvier 1940.

Affecté au 24e Régiment d’infanterie, il est rapidement promu caporal puis admis dans un peloton d’élèves sous-officiers. Au moment du cessez-le-feu, il est adjudant et replié avec son unité dans la région de Bordeaux. Henri Karcher Refusant la défaite, le 24 juin, de Saint-Jean-de-Luz, il embarque pour l’Angleterre sur le Castle Nairn en se camouflant sous une fausse identité polonaise, entraînant avec lui plusieurs camarades. Engagé dans les Forces françaises libres, Henri Karcher refuse d’être affecté au Service de Santé et, avec le grade de sergent, prend part à l’expédition de Dakar. Rapidement promu aspirant, il est affecté au Bataillon de marche n°1 sous les ordres du commandant Delange et participe à la campagne du Gabon en novembre 1940. Promu sous-lieutenant, il combat en Syrie en juin 1941, prenant le commandement d’une compagnie dont le chef a été abattu par l’ennemi ; lui-même est grièvement blessé par balle peu après, le 15 juin 1941 au Djebel El Kelb. Malgré la guérison imparfaite de sa blessure, il est affecté comme lieutenant au Bataillon de marche n°5 (BM 5) de la 1ère Division française libre, avec lequel il participe à la campagne de Libye et notamment aux combats d’El Alamein en octobre 1942. De nouveau hospitalisé en Algérie, le lieutenant Karcher rejoint la 2e DB du général Leclerc en mai 1944 en Angleterre. Il sert alors en qualité d’officier adjoint au capitaine Sammarcelli, commandant la 3e Compagnie du Régiment de marche du Tchad (RMT). Il débarque avec son unité, le 1er août 1944 en Normandie. Très rapidement, le 11 août, il est blessé à nouveau au combat à Doucelles par des éclats de mortier. Il refuse de se laisser évacuer. Chargé avec sa section, le 25 août 1944, de prendre l’Hôtel Meurice, Q.G. du général von Choltitz, commandant la Place de Paris, il prend le commandement du détachement après la blessure du capitaine Branet ; il entraîne ses hommes à l’assaut tout le long de la rue de Rivoli et dans les jardins des Tuileries, sous le feu des mitrailleuses et des chars qui défendent l’Hôtel. Il pénètre le premier dans le hall après avoir personnellement abattu un mitrailleur allemand. Il fait prisonnier la garnison comprenant une soixantaine d’officiers d’Etat-major et une centaine d’hommes. Il se porte ensuite immédiatement dans le bureau du général von Choltitz qui lui remet ses armes. En septembre 1944, Henri Karcher est affecté au Gouvernement militaire de Paris en qualité d’aide de camp du général Koenig. Il reçoit ses galons de capitaine en avril 1945 puis, le 17 novembre 1945 le général de Gaulle lui décerne la Croix de la Libération. Démobilisé en juillet 1946, il reprend ses activités chirurgicales à Paris. Député UNR de Paris de 1958 à 1962, puis député de la Moselle de 1962 à 1967, Henri Karcher est vice-président de l’Assemblée nationale de 1962 à 1964. Egalement conseiller général du canton de Sarrebourg de 1962 à 1967, il exerce ensuite, jusqu’en 1979, les fonctions d’expert auprès de la Cour d’Appel de Paris et est vice-président de l’Association des Français libres. En 1970 il est nommé colonel honoraire. Henri Karcher est décédé le 31 juillet 1983 à Sarrebourg (Moselle). Il a été inhumé à Abreschviller en Moselle.

 

Germaine Tillion
Germaine Tillion

(1907-2008) Une ethnologue, des Aurès à Ravensbrück
Germaine Tillion, femme d'exception, est morte le 19 avril 2008, à près de 101 ans, au terme d'une existence féconde. Ethnologue, elle s'est signalée par une étude remarquable : Le harem et les cousins, indispensable à tout historien pour comprendre le monde méditerranéen et l'islam. 
Germaine Tillion découvre l'ethnologie auprès de Marcel Mauss. Sur une suggestion de ce dernier, elle étudie de 1934 à 1940 l'ethnie berbère des Chaouis, dans les Aurès, en Algérie. 
De retour à Paris, pendant l'Occupation, elle participe activement au réseau de résistance du Musée de l'Homme. Elle est arrêtée sur dénonciation d'un agent double, l'abbé Robert Alesh, et déportée le 21 octobre 1943 à Ravensbrück, un camp destiné aux opposants politiques de la catégorie «Nacht und Nebel» (Nuit et brouillard), autrement dit destinés à disparaître d'une façon ou d'une autre ! La mère de Germaine Tillion, également déportée, n'y survivra pas et sera gazée.
Elle-même endure l'épreuve en considérant le camp avec le regard de l'ethnologue. Elle en tirera plus tard un témoignage remarquable : Ravensbrück (1988). Elle écrit aussi sur place, en secret, une opérette : Le Verfügbar aux Enfers. À la Libération, elle participe à des enquêtes sur les crimes nazis puis reprend ses études ethnologiques dans les Aurès

 

Colonel Louis (François, Joseph) ANDLAUER

Né à Saint-Nicolas-de-Port en 1876, décédé à Saint-Dié en 1951.
A Saint-Cyr de 1896 à 1898. Lieutenant au 3e B.C.P. de Saint-Dié de 1898 à 1906.
École de Guerre de 1906 à 1908. Passe au 19e B.C.P. de Verdun. Nommé en 1913 à la tête du Service de Renseignement-frontière de Belfort qu'il dirige jusqu'en 1920. 
Rendu à la vie civile (exploitations forestières) depuis 1920, en contact avec le 2e bureau. Habite à Saint-Dié. Coordonnateur des Services Spéciaux du Nord-Est (de Metz à Annemasse) en 1939-1940 avec PC à Besançon. Démobilisé à Toulouse, passe la ligne de démarcation clandestinement pour rejoindre Saint-Dié. Dès juillet, facilite l'évasion d'officiers prisonniers en traitement à Saint-Dié et favorise le passage d'Alsaciens et de prisonniers par la crête des Vosges. Sous le pseudonyme de Kellermann et à l'initiative de maître Sadoul, met sur pied un réseau régional de renseignement en contact avec le réseau "Confrérie Notre-Dame". En liaison régulières avec les Alliés. Arrêté le 12 février 1943. Incarcéré à la prison de la Vierge à Épinal puis à Fresnes. Relâché, il se réfugie en décembre 1943 dans le Midi où il poursuit ses activités. Chevalier, puis officier de la Légion d'Honneur, il obtient ensuite la cravate de commandeur. Il se voit attribuer la médaille de la Résistance Française. Il a été président d'honneur des anciens déportés et internés. 

source : Herodote.net

 

Roger Souchal

roger souchal

Résistant, déporté, puis avocat et homme politique, Roger Souchal s'est éteint le 8 juin 2014.
Roger Souchal est Né à Saint Dié le 5 avril 1927. A l’âge de 16 ans, il entre dans la résistance au sein du Groupe Mobile Alsace-Vosges. Il devient agent de liaison des SAS britanniques qui opèrent dans le secteur de Moussey.Le 7 octobre, Roger Souchal est arrêté avec six d’entre eux qui seront tous assassinés. Interné au camp de sûreté de Schirmeck le 28, il est ensuite déporté à Haslach. A sa libération à Gaggenau en avril 1945, il ne pèse plus que 37 kilos. De retour en France, il reprend ses études et devient avocat. En parallèle il entame une brillante carrière politique. Il sera tour à tour député, maire, conseiller général des Vosges et vice-président du Conseil général. Il est également pendant de longues années président de l’amicale de Viombois et du Groupe Mobile Alsace-Vosges.

 

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